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La fenêtre

  • Photo du rédacteur: Claudius
    Claudius
  • il y a 2 jours
  • 1 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 heures


Depuis ce matin, une rumeur se faufile.

 

Je me suis levé tard, étourdi, et depuis j’attends comme les autres.

 

J’appuie mon front sur la vitre, par habitude.

 

Des voix s’élèvent de la rue.

 

(photo : keslerjiri)


« Vous êtes là depuis longtemps?

– Je ne fais que traverser.

– Vous pensez qu’ils vont venir?

– Mais non, mais non! »

 

Je devine, dans la pénombre de la place, des frôlements, des visages aux regards désorbités, des bouches agitées de spasmes, de sanglots, de soupirs.

 

Le jour va bientôt disparaître derrière le chêne décrépit puis au-delà des toits. Le temps ralentit. Dehors ça sent le pain et le café torréfié. Tout s’est apaisé.

 

Je ne saurais dire combien de temps s’écoule ainsi avant que je ne sois tiré de mes songes.

 

Des hommes ont jailli de la rue et je les entends qui s’engouffrent dans mon immeuble et montent les étages d’un pas rythmé, administratif.

 

On frappe à la porte. Je ne réponds pas.

On insiste. Au bout d'un moment, les coups cessent.


Il se fait ensuite un va-et-vient dans le corridor.

On insère une clé dans la serrure, on tourne la poignée puis la porte s’ouvre.

 

Une vapeur écœurante de cuir, de sueur et de bitume envahit la pièce.


Des grands spectres noirs apparaissent sur la vitre d’où mon reflet s’évanouit.

 

Je me retourne.

 

« Vous êtes monsieur L ? »

 

Je m’assois sans répondre.

 

Demain viendra bien assez vite.

 
 
 

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